Le championnat féminin de deuxième division du Bénin démarre officiellement ce week-end. À 48 heures du coup d’envoi de la saison 2025-2026, Amazones Sports s’est entretenu avec l’Académie Sisters Magics (ASM) pour faire le point sur l’actualité du club et ses défis.
Basée dans le deuxième arrondissement de Parakou, ASM évolue en D2 depuis la saison dernière. L’académie mise sur la formation à la base, un élément rare dans le football féminin béninois. Plusieurs sujets essentiels ont été abordés lors de cet échange, conduit par Charles Dohou.
Présentez-nous votre équipe
Bonjour et merci pour l’invitation. ASM est une jeune équipe ambitieuse issue de l’Académie Sisters Magics, située à Banikanni dans le deuxième arrondissement de Parakou. Nous évoluons aujourd’hui en D2 féminine. Notre particularité repose sur la formation, la discipline et le développement personnel de chaque joueuse.
Nous avons un groupe jeune et travailleur, attaché aux valeurs de solidarité et d’abnégation. Cette saison, nous sommes domiciliés à Tchaourou en raison des travaux en cours au stade omnisports de Parakou.

Quelles sont vos réalisations depuis la création de l’académie en 2019 ?
Depuis la création de Sisters Magics en 2019, nous avons bâti une base solide :
- une structure de formation fonctionnelle ;
- une progression continue des joueuses, dont certaines attirent déjà l’intérêt de clubs de D1 ;
- une montée en D2 en deux saisons seulement ;
- une identité de jeu basée sur le collectif et la rigueur.
Ces résultats sont encourageants pour une académie aussi jeune. Nous espérons progresser davantage dans les prochaines années.
Quel est le secret de votre montée rapide en D2 ?
Le secret, c’est le travail. L’équipe est jeune mais très disciplinée. Nous avons construit un projet clair : renforcer les fondamentaux, créer une cohésion solide et instaurer une mentalité compétitive. Staff, direction et joueuses parlaient le même langage. Cette unité nous a permis d’accéder à la D2 dès notre deuxième participation.
Après un début difficile en D2, quand l’équipe a-t-elle compris qu’elle pouvait se maintenir ?
Le changement est venu pendant la trêve. Nous avons analysé nos erreurs, travaillé physiquement et échangé franchement dans le vestiaire. Les joueuses savaient qu’elles avaient le niveau, mais qu’il fallait plus de concentration et de caractère.
Le déclic est arrivé après la première victoire en phase retour. À partir de ce match, elles ont cru en leurs capacités et ont renversé la situation.
Quels sont vos objectifs pour la saison 2025-2026 ?
Notre objectif principal est de stabiliser le club en D2 et d’être plus réguliers. Nous voulons éviter les débuts difficiles de la saison passée et viser une place confortable au classement.
Nous souhaitons aussi faire progresser nos jeunes joueuses afin de préparer durablement l’avenir du club.

Dans quel état d’esprit se trouve le groupe ?
Le groupe travaille depuis plusieurs mois et affiche un bon état d’esprit. Les filles sont motivées et concentrées. Elles progressent physiquement. Les nouvelles recrues ont apporté une saine concurrence, ce qui renforce l’intensité des séances. Globalement, l’équipe est prête pour cette nouvelle saison.
Comment gérez-vous l’obligation du passeport, qui pose problème à plusieurs clubs ?
Le passeport obligatoire est une difficulté réelle pour tous les clubs. Nous faisons face au même problème malgré les démarches engagées depuis plusieurs semaines.
Aujourd’hui, nous ne sommes pas encore à 50 % de l’effectif disponible. La situation est délicate. Nous faisons de notre mieux pour aligner le minimum requis pour la première journée.
Comment se déroule votre mercato ?
Notre mercato reste cohérent avec notre projet. Nous privilégions la qualité à la quantité. Quelques joueuses expérimentées nous ont rejoints. Elles apporteront maturité et stabilité.
Parallèlement, certaines joueuses sont parties pour obtenir plus de temps de jeu. La direction travaille sereinement, sans précipitation.
Vous affrontez un club relégué de D1 lors de la première journée. Comment abordez-vous ce match ?
Nous allons jouer avec respect mais sans complexe. Une équipe qui descend de D1 a de l’expérience, mais nous avons notre dynamique. Nous resterons fidèles à notre identité : jeu organisé, rigueur et concentration.
Ce premier match est important pour lancer notre saison, mais nous n’avons aucune pression excessive.
Où voyez-vous l’Académie Sisters Magics dans trois à cinq ans ?
Dans trois à cinq ans, nous souhaitons voir ASM parmi les références du football féminin béninois, avec :
- un centre de formation reconnu ;
- un effectif stable et expérimenté ;
- et pourquoi pas, une accession en D1.
Notre ambition est claire : bâtir un club durable, compétitif et exemplaire.
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